Non, tu n’as pas “un problème de désir”

Il y a un truc qui me fascine dans la façon dont on parle de la libido. On la traite comme un moteur cassé, un bug du corps, un problème hormonal. Et très souvent, on colle ça sur les femmes en mode : « c’est connu, les femmes ont moins de désir ».

Statistiquement, oui, les femmes rapportent plus souvent un désintérêt pour la sexualité. Mais ça ne veut pas dire que les hommes ne sont pas en train de vivre exactement la même chose en silence.

La vérité, c’est que la plupart du temps, ce n’est pas « je n’aime plus le sexe ». C’est plutôt : « je n’aime pas la sexualité que je vis ou que j’anticipe avec mon ou ma partenaire ». Et ça change tout.

Tu n’es pas désintéressé(e) par le sexe en soi. Tu es désintéressé(e) par le sexe que tu vas avoir. Nuance énorme.

J’ai connu ça de l’intérieur. Il y a eu des périodes où j’étais persuadée que ma libido avait pris son passeport et quitté mon corps définitivement. Je regardais mon propre désir comme une espèce de fantôme disparu. En réalité, je savais au fond de moi que la sexualité que j’aurais pu avoir à ce moment-là n’était pas celle que j’aurais vraiment voulu vivre. C’était comme manger juste pour remplir l’estomac. Le plat était là, mais sans goût, sans parfum, sans vie. Moi, manger “pour manger”, ça ne m’intéresse pas. Le sexe “pour faire du sexe”, non plus.

En consultation, j’entends très souvent la même phrase :
« Je l’aime, mais je n’ai plus envie de lui/elle. »


Cette phrase fait trembler beaucoup de gens, parce qu’on nous a vendu l’idée que si l’amour est là, le désir suivra automatiquement. Mais, non. L’amour ne suffit pas à nourrir le désir. Tu peux aimer quelqu’un, te sentir en sécurité avec cette personne, partager un quotidien, des projets, et ne plus avoir envie du tout de la sexualité que vous vivez ensemble.

On parle beaucoup de “langages de l’amour”, et c’est précieux. C’est important de savoir comment tu préfères être aimé(e) et comment la personne avec qui tu relationnes reçoit l’amour. Mais on oublie une dimension tout aussi fondamentale : comment tu aimes recevoir du plaisir. Connaître ton langage d’amour ne te dit pas comment ton corps, lui, aime être approché, stimulé, honoré. Tu peux être comblé(e) affectivement et totalement éteint(e) érotiquement. Tu peux recevoir de la tendresse, de l’écoute, de la présence, et en même temps te sentir profondément insatisfait(e) dans ta vie sexuelle.

Certaines personnes ont besoin de jeu, de légèreté, d’un peu de provocation. D’autres ont besoin de lenteur, de temps, de profondeur émotionnelle, de rituels qui posent le corps et l’âme. D’autres encore ont besoin d’intensité, de sauvagerie, de transgression consentie, de sentir qu’elles sortent du cadre. Si ta sexualité ressemble à un plat fade alors que ton corps réclame des épices, forcément, ton désir va se planquer. Il n’est pas mort, il s’est mis en retrait, en mode grève : « je reviendrai quand on me servira quelque chose qui me parle vraiment ».

Et ça, ce n’est pas valable que pour les femmes. Il y a énormément d’hommes qui perdent leur envie, non pas parce qu’ils sont “moins hommes”, mais parce qu’ils jouent un rôle dans leur propre sexualité. Ils performent ce qu’ils pensent devoir être, au lieu de vivre ce qu’ils désirent vraiment. Leur désir se protège en se retirant, comme un corps qui dit stop.

Ce n’est peut-être pas ta libido le problème.

Ce n’est pas que tu es “trop”, “pas assez”, “froid(e)” ou “incapable”. C’est peut-être simplement que tu n’as jamais appris quel est ton langage érotique, et que tu essaies depuis des années de rentrer dans une sexualité standard, normée, qui ne te ressemble pas. C’est épuisant pour le corps de rester longtemps dans un scénario qui n’est pas le sien.

Si tu veux commencer à éclairer ce qui t’excite vraiment, ce qui réveille ton désir, ce qui donne du sens et du goût à ta vie sexuelle, je t’ai préparé un point de départ tout simple : un quiz pour découvrir ton langage érotique. Ce n’est pas un test magique qui résout tout.
Mais c’est une première façon de te dire la vérité à toi-même sur ce qui te nourrit profondément.

🔥 Tu peux faire le QUIZ ici 🔥

Et si tu le fais, lis bien les résultats,
laisse-les te toucher.

Peut-être que ta libido n’est pas en panne. Peut-être qu’elle attend juste qu’on lui parle enfin dans sa langue.

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L’abus ne commence pas par un coup. Il commence par une culture.